Pourquoi il y a des pièces SHEIN sur ma friperie et pourquoi elles sont à 0 $
- Camille Banville
- il y a 6 jours
- 2 min de lecture

Depuis quelque temps, j’ai reçu plusieurs messages concernant la présence de pièces provenant de marques d’ultra fast fashion, comme SHEIN, sur ma friperie en ligne. Ces réactions m’ont poussée à prendre un moment de recul et à approfondir une réflexion que je juge importante, autant d’un point de vue écologique qu’éthique.
Des vêtements qui existent déjà
Les pièces concernées ne proviennent pas d’achats faits pour la friperie. Elles m’ont été données.Autrement dit, ces vêtements existent déjà. Ils ont été produits, parfois portés, parfois non, mais leur impact environnemental est déjà bien réel.
Il est important de rappeler que l’industrie textile représente environ 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et que plus de 80 % de l’impact environnemental d’un vêtement est généré au moment de sa fabrication. Une fois le vêtement produit, que l’on l’aime ou non, cet impact ne disparaît pas.
Jeter n’est pas une solution écologique
Chaque année, l’équivalent d’un camion de vêtements est enfoui ou incinéré chaque seconde dans le monde.Jeter un vêtement encore portable, même s’il provient de l’ultra fast fashion, ne réduit pas son empreinte écologique. Au contraire, cela gaspille des ressources déjà extraites, transformées et transportées.
D’un point de vue environnemental, la question clé n’est donc pas uniquement d’où vient le vêtement, mais ce que l’on choisit d’en faire après sa première utilisation.
Pourquoi ces pièces sont offertes à 0 $
La décision d’offrir ces vêtements à 0 $ n’est pas anodine. Je ne souhaite pas donner une valeur commerciale à des pièces issues de l’ultra fast fashion ni encourager leur consommation. En revanche, je crois qu’il est plus responsable de prolonger leur durée de vie plutôt que de les éliminer prématurément.
Offrir ces vêtements gratuitement permet de :
éviter qu’ils finissent à l’enfouissement
prolonger leur utilisation sans créer de nouvelle demande
assumer collectivement la responsabilité de ce qui a déjà été produit
La réutilisation ne soutient pas la production. Elle agit plutôt comme un frein au gaspillage textile.
Une décision imparfaite, mais réfléchie
Aucune démarche écoresponsable n’est parfaite, surtout dans un système de consommation qui l’est encore moins.Cette décision ne vise pas à banaliser l’ultra fast fashion, mais à composer de façon responsable avec une réalité existante, en s’appuyant sur des données concrètes et une logique de réduction des déchets.
Mon objectif reste le même depuis le début.Réduire le gaspillage textile, encourager une consommation plus consciente et faire preuve de transparence, même lorsque les enjeux sont complexes.
La réflexion est ouverte.
Et vous, qu’auriez-vous fait à ma place ?







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